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Publié par Velidhu

Vingt-quatre heures de la vie d'une femme de Stefan Zweig

Un classique comme je les aime ! Une écriture magnifique et un vocabulaire recherché sans être vieillot.

Ce récit aurait pu tomber dans le voyeurisme si l’auteur avait fait raconter son aventure à l’héroïne. Le moment fatidique du passage à l’acte a été éludé et pourtant le texte n’en est que plus fort.

L’histoire d’une femme en vacances avec son mari et ses filles et qui sur un coup de tête suit un jeune homme qu’elle ne connaît que depuis quelques heures. À l’hôtel, tout le monde trouve que cette femme est indécente sauf le narrateur qui lui donne l’excuse de la passion.

Une vieille dame trouve en lui la personne idéale pour raconter ce qu’elle a vécu il y a 20 ans. Une passion identique à cette mère de famille, une passion qui vous pousse au pire.

Même si vous n’aimez pas les classiques, celui-ci vous fera changer d’avis.

Lisez-le, vous ne serez pas déçu ! Un roman écrit il y a 80 ans et pourtant si moderne.

L'auteur

Romancier, nouvelliste, dramaturge, Stefan Zweig est notamment l'auteur de Brûlant Secret (1911), Jérémie (1917), La Peur (1920), Amok et Lettre à une inconnue (1922), Volpone (1927), une biographie de Marie-Antoinette (1932), Vingt-quatre heures de la vie d'une femme (1934), La Pitié dangereuse (1938) et Le joueur d'échecs publié en 1943 de façon posthume .

Né à Vienne, d'un père juif (sa famille est croyante mais modérée) riche tisserand et d'une mère issue d'une famille de banquiers italiens, il étudie la philosophie et l'histoire de la littérature, l'aisance financière de la bourgeoisie israélite lui permettant de suivre ses goûts. Avant la première guerre mondiale il voyage beaucoup en Europe, à la découverte des littératures étrangères. Il sera notamment le traducteur en allemand de Verhaeren. Il se rend ensuite puis en Inde et aux États-Unis. Il s'engage dans l'armée autrichienne en 1914 mais reste un pacifiste convaincu.

Durant la guerre il s'unit avec d'autres intellectuels, Sigmund Freud, Emile Verhaeren et Romain Rolland dans un pacifisme actif. A la fin de la guerre, il prône l'unification de l'Europe face à la montée du nazisme en Allemagne. Sa vie est bouleversée par l'arrivée d'Hitler au pouvoir. Dès les premières persécutions, il quitte l'Autriche pour l'Angleterre (Bath puis Londres. Il sera naturalisé en 1940. L'année suivante, il part pour le Brésil et s'installe à Rio.

Effondré par l'anéantissement de ses rêves pacifistes et humanistes d'union des peuples il se donne la mort s'empoisonnant au Véronal avec de son épouse.

"Vingt-quatre heures de la vie d'une femme" de Stefan Zweig

Paru le 3 janvier 2013 aux éditions Payot collection "Petite bibliothèque"

ISBN-13: 978-2228908351

7.65 €

Vingt-quatre heures de la vie d'une femme de Stefan Zweig

La plupart des gens n'ont qu'une imagination émoussée. Ce qui ne les touche pas directement, en leur enfonçant comme un coin aigu en plein cerveau, n'arrive guère à les émouvoir ; mais si devant leurs yeux, à portée immédiate de leur sensibilité, se produit quelque chose, même de peu d'importance, aussitôt bouillonne en eux une passion démesurée. Alors ils compensent, dans une certaine mesure, leur indifférence coutumière par une véhémence déplacée et exagérée.

Car… maintenant je ne m’abuse plus…, si cet homme m’avait alors saisie, s’il m’avait demandé de le suivre, je serais allée avec lui jusqu’au bout du monde ; j’aurais déshonoré mon nom et celui de mes enfants… Indifférente aux discours des gens et à la raison intérieure, je me serais enfuie avec lui, comme cette Mme Henriette avec le jeune Français que, la veille, elle ne connaissait pas encore…Je n’aurais pas demandé ni où j’allais, ni pour combien de temps ; je n’aurais pas jeté un seul regard derrière moi, sur ma vie passée… mon nom, ma fortune, mon honneur… Je serais allé mendier, et probablement il n’y a pas de bassesse au monde à laquelle il ne m’eût amenée à consentir. J’aurais rejeté tout ce que dans la société on nomme pudeur et réserve ; si seulement il s’était avancé vers moi, en disant un parole ou en faisant un seul pas, s’il avait tenté de me prendre, à cette seconde j’étais perdue et liée à lui pour toujours.

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