Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Suivez-moi sur Hellocoton

Retrouvez Que Lire sur Hellocoton

Badge Lecteur professionnel

 

Publié par Velidhu

"Les hirondelles de kaboul" de Yasmina Khadra

« Les hirondelles de Kaboul » parle de la difficulté qu’ont les habitants de cette ville afghane à garder espoir et de la difficulté de vivre où la violence est publique et quotidienne. Ici, on organise les exécutions sur la place centrale et on invite les badauds à participer au lynchage de qui aurait commis un péché de chair, qui aurait volé ou blasphémé.

L’histoire de cette ville est décrite au travers de la vie de deux couples :

Atik qui est gardien de prison et marié à Mussarat. Ils se sont rencontrés pendant la guerre lorsqu’Atik, blessé, est sauvé par celle qui deviendra son épouse. Vingt ans plus tard, atteinte d’une grave maladie, Mussarat n’est plus que l’ombre d’elle-même et bien qu’il pourrait la répudier, son mari la garde auprès de lui, supportant la déchéance de la condamnée que bien d’autres auraient répudiée.

Mohsen et Zunaira forment un couple soudé. Instruits, ils faisaient partie de la bourgeoisie, mais les talibans interdisant aux femmes de travailler, Zunaira devra abandonner son métier d’avocate. Celle qui rayonnait refuse de porter le tchadri qui l’avilit et préfère se terrer dans ce qui lui sert de maison. Le jour où elle s’aventurera hors de chez elle en compagnie de Mohsen, sera le dernier pour l’un d’eux.

Ces quatre protagonistes verront leurs destins liés jusqu’à leur dernier souffle.

J’ai lu beaucoup de livres traitant de ce sujet terrible qu’est la condition des femmes dans les pays où l’islamisme radical fait la loi.

Celui-ci, bien que très bien écrit, ne me laissera pas un souvenir impérissable. Tout d’abord, je n’ai ressenti que peu d’empathie pour les personnages. Ensuite, bien que ce livre soit court, il ne fait que 148 pages, il m’a paru très long. Cela est certainement dû à l’espèce de torpeur que je ressentais en lisant ce récit. Contrairement à d’autres livres sur ce sujet, je n’ai pas ressenti de sentiment d’indignation malgré que les faits soient consternants.

Un roman qui décrit bien la situation que subissent les afghans, la terreur à laquelle ils sont confrontés, mais qui pour le choix de l’intrigue ne m’a pas convaincu plus que cela.

L'auteur

Yasmina Khadra est le pseudonyme de l'écrivain algérien Mohammed Moulessehoul, né le 10 janvier 1955 à Kenadsa, dans le Sahara algérien (alors en Algérie française), d'un père infirmier, membre actif de l'ALN et d'une mère nomade. Son père, officier de l'ALN blessé en 1958, veut faire de lui un soldat en l'envoyant dès l'âge de neuf ans dans un lycée militaire, où il fait toutes ses études avant de servir comme officier dans l'armée algérienne pendant 36 ans.

Durant la période sombre de la guerre civile algérienne dans les années 80-90, il est l'un des principaux responsables de la lutte contre l'AIS puis le GIA, en particulier en Oranie. Moammed Moulessehoul choisit en 1997, avec le roman Morituri, d'écrire sous pseudonyme. Diverses raisons l'y poussent, mais la première que donne Moulessehoul est la clandestinité. Elle lui permet de prendre ses distances par rapport à sa vie militaire et de mieux approcher son thème cher: l'intolérance.

Officier dans l'armée algérienne, il démissionne en 2000, pour se consacrer à sa vocation: l'écriture, et choisit de s'exprimer en langue française. Après un court passage au Mexique, il vient s'installer en 2001, en France, où il habite encore aujourd'hui.

En 2002 dans "L'imposture des mots", Khadra-Moullessehoul répond aux attaques qui fustigent son passé militaire. Il choisit de rendre hommage aux femmes algériennes et à son épouse en particulier, en prenant ses deux prénoms, Yasmina Khadra, et ne révèle son identité masculine qu'en 2001 avec la parution de son roman autobiographique "L'Écrivain" et son identité tout entière dans "L'imposture des mots" en 2002. A cette époque ses romans ont déjà touché un grand nombre de lecteurs et de critiques.

Parmi ses ouvrages, on peut citer "Morituri" (Baleine, 1997), "L'automne des chimères" (Baleine, 1998), "A quoi rêvent les loups" (Julliard, 1999) et "Cousine K" (Julliard, 2003), où se déploie le "style Khadra" alliant lyrisme, métaphores inattendues, dépouillement et poésie. Style qui atteint son apogée avec "L'Attentat" (Julliard), retenu par les jurys du Goncourt et du Renaudot en 2005. En 2010, l'auteur délaisse pour un temps le sujet du conflit au Moyen-Orient, au cœur des "Hirondelles de Kaboul" (2002) et "Les Sirènes de Bagdad" (2006), pour écrire un conte moral: "L'Olympe des infortunes". À la rentrée littéraire 2011, Yasmina Khadra présente "L'équation africaine".

"Les hirondelles de Kaboul" de Yasmina Khadra

Paru aux éditions Pocket le 19 avril 2010

ISBN 978-2266204965

5.80€

Une prostituée a été lapidée sur la place. J'ignore comment je me suis joint à la foule de dégénérés qui réclamaient du sang. J'étais comme absorbé par un tourbillon. Moi aussi, je voulais être aux premières loges, regarder de près périr la bête immonde. Et lorsque le déluge de pierres a commencé à submerger le succube, je me suis surpris à ramasser des cailloux et à le mitrailler moi aussi. J'étais devenu fou, Zunaira. Comment ai-je osé? Toute ma vie, je m'étais cru objecteur de conscience. Ni les menaces des uns ni les promesses des autres ne m'ont convaincu de prendre des armes et de donner la mort. J'acceptais d'avoir des ennemis, mais je ne tolérais pas d'être l'ennemi de qui que ce soit. Et ce matin, Zunaira, simplement parce que la foule hurlait, j'ai hurlé avec elle, simplement parce qu'elle a réclamé du sang, je l'ai exigé aussi.

Page 31

yasmina Khadra

yasmina Khadra

Yasmina Khadra parle de la libération de la femme

Commenter cet article

Mina Algérienne 05/11/2015 23:36

Remarque: l'Algérie n'as jamais été française,elle est et elle restera algérienne pour toujours!!! A par cela je trouve que vous avez bien décrit le roman!!

Velidhu - Que Lire ? 06/11/2015 08:12

Bonjour Mina, je ne rentre pas dans ses considérations, étant belge, je dois bien vous avouer que l'histoire de France n'est pas mon sujet de prédilection. Maintenant, je vous comprends, l'Algérie étant pour la France ce que le Congo a été à la Belgique. N'y voyez aucun jugement d'appartenance, mais ce qui se trouve dans les livres d'Histoire est bien difficile a changer.

Léa Touch Book 26/02/2015 19:12

J'aime beaucoup cette auteure :)

Aurélie 26/02/2015 15:46

J'avais apprécié cette lecture, mais sur des sujets similaires, je préfère ceux de Khaled Hosseini par exemple.

Velidhu 26/02/2015 18:26

J'ai adoré "l'attentat" de Yasmina Khadra pourtant. Mais c'est vrai que "Mille soleils splendides" de khaled hosseini est vraiment magnifique. Il m'a vraiment marquée.