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Publié par Velidhu

Mademoiselle S - Lettres d'amour 1928 - 1930 d'une Anonyme

Cher aimé, comprends-tu à quel point ta chair me trouble ? Comprends-tu à quel degré je t'appartiens ? Je suis ta chose, ta chose à toi, ton jouet vivant maintenant au gré de ton plaisir ou de ton vice et tout en moi n'est que l'écho de tes passions.

Comment qualifier la relation adultérine de Charles et Simone ? De l’amour, de la passion, une concordance sexuelle ou du vice ? Je me pose encore la question après ces 290 pages de correspondance épistolaire qui décrit très crûment nombre d’actes sexuels.

Simone et Charles se croisent dans les transports en commun, l’attirance est réciproque et débute alors une (folle ?) passion qui les poussera tous deux dans une relation sadomasochiste.

Au début du roman, Simone est décrite comme étant soumise à Charles qui la bat et la "baise" violemment (excusez-moi pour les termes crus, mais c’est pour vous montrer le niveau des scènes décrites dans ce livre). Coups, flagellation, elle ne lui refuse rien tant sa hantise qu’il se lasse d’elle est grande.

Chaque lettre est une déclaration d’amour passionnée mais d’une mièvrerie que je juge pitoyable. Mon petit dieu, mon bien aimé, ma Lotte (Surnom de Charles) chérie, et j’en passe... sont autant de sobriquets qui m’ont pesés dans cette lecture.

Ensuite, après ces déclarations, arrivent les descriptions de leurs ébats passés et surtout les suppositions de Simone sur les envies et fantasmes de son amant. Car c’est là que le bas blesse, de cette correspondance passionnée, seules les lettres de Simone ont été retrouvées. Même si elle y évoque les missives que Charles lui envoie, ses réponses et sa vision de cette histoire d’« amour » manque cruellement.

Les scènes de sexes sont extrêmement dures, pour ne pas dire barbare. Je ne vois pas d’amour dans cet étalage de sexe brutal alors que dans les écrits de Mademoiselle S, il est très présent.

Simone sombre peu à peu dans l’excès. Sa quête de l’excellence sexuelle, de la recherche du plaisir absolu l’amène à s’oublier tant l’hypothétique espoir de rendre son partenaire de jeu heureux l'accapare. Mais Charles est secret. Est-ce dû au fait que nous n’ayons que le point de vue de Simone ? Est-ce parce que marié, il porte tout de même une part de remords en lui ? Impossible à dire, mais les mois passant, c’est Simone qui passera de dominée à dominant et elle met un point d’honneur à aider son amant à assouvir ses désirs les plus secrets et avilissants pour cette époque.

Pour des écrits de femme datant d’il y a presque un siècle, je suis bluffée par le manque de pudeur qui émane de ces lettres. J’ai également regretté la redondance des scènes de sexe, le sexe anal devenant obsessionnel pour elle. J'ai trouvé que les termes employés, redondants, lassent plus que ce qu’ils stimulent.

Après avoir lu, cette correspondance, je comprends un peu mieux la distance que mettait Charles entre lui et sa maîtresse. Devenait-elle folle ? Voilà la question que je me pose.

Je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé ce livre, il est intéressant par le fonds et par la forme. Mais, pour ma part, ce qui m’a le plus plu, ce sont les commentaires que Jean-Yves Berthault a parsemé au grès des pages et qui nous éclairent sur les us et coutumes de l’époque.

Je regrette le manque d’émotion qui ressort des lettres. Je n’ai pas ressenti la moindre empathie pour Simone tant elle était dans l’excès et je n’ai éprouvé aucune sympathie ou même aucune rancune pour Charles tant il me semblait inconsistant. Le fait qu’il passe d’amant dominant à « Maîtresse » occasionnelle de Simone qui lui attribuait les deux sexes a fait qu’à un certain moment du roman, je ne le voyais plus comme un homme, mais plutôt comme un jouet aux mains de Simone qui devenait de plus en plus perverse.

Ce recueil, s’il vous tente, doit se lire lentement, une lettre ou deux par jour, pour vivre cette histoire aux rythmes des deux amants. Le lire d’une traite comme je l'ai fait, vous mènerait directement à l’overdose.

J’ai reçu ce roman dans le cadre de la Masse Critique Babelio du 27 mai. Je remercie Babelio et les éditions Gallimard pour l’envoi de roman. Même si le coup de cœur n’était pas au rendez-vous cette fois, il faut tout de même mettre l’accent sur le style de ces lettres qui font de ce livre un recueil de littérature érotique de qualité.

Mademoiselle S - Lettres d'amour 1928 - 1930 d'une Anonyme
Découvrez les premières pages de Mademoiselle S

Commenter cet article

Bernieshoot 21/06/2015 17:01

l'excès nuit à beaucoup de choses

Velidhu - Que Lire ? 21/06/2015 17:18

Oui, ici un trop plein d'amour qui l'amène à faire n'importe quoi pour plaire.