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Publié par Velidhu

Nous sommes tous des féministes de Chimamanda Ngozi Adichie

Notre société conditionne une femme à vivre comme un échec d'être toujours célibataire à un certain âge.
Tandis qu'un homme qui n'est toujours pas marié à un certain âge n'est tout bonnement pas parvenu à faire son choix.

La première partie de ce petit livre issu de la collection Folio Inédit à 2 € est une version remaniée du texte que Chimamanda Ngozi Adichie a présenté lors du colloque annuel 2015, de la TedxEuston consacré à l’Afrique.

Première partie : « Nous sommes tous des féministes » :

Originaire de Lagos au Nigéria, Chimamanda Ngozi Adichie est régulièrement confrontée aux traditions de son pays qui contraignent la femme à répondre à un certain nombre de critères pour rentrer dans les rôles qui lui sont réservés : Servir l'homme et servir de faire valoir.

Une des règles primordiales à respecter est le mariage. À défaut de trouver un mari, on se chargera de lui en trouver un. Une femme célibataire, on le sait, n’est pas heureuse. Autre lieu commun, le féminisme ne fait pas partie de la culture africaine, car il prône la haine des hommes. Une féministe serait donc à fortiori malheureuse, car elle ferait fuir les hommes qui refuseraient de l’épouser. On en revient donc au sempiternel, pas de mari, pas de bonheur.

L’auteur explique aussi, que lorsqu'une femme se rend dans un bel hôtel au Nigeria, si elle y rentre seule, il pèserait sur elle le soupçon de la prostitution, une femme nigériane, dans l'esprit d'une grande majorité d'hommes, ne possède pas les moyens de se payer se genre d’établissement.

Cet ouvrage met l’accent sur les différences de droits et de devoirs entre les deux sexes. Dans cette culture africaine, la femme est tout simplement redevable à l’homme qui par définition doit s’occuper d’elle. Les garçons sont élevés pour devenir forts et insensibles, les filles sont éduquées pour qu’elles puissent tenir une maison correctement.

Chimamanda Ngozi Adichie, milite pour que les mœurs changent et que dès le plus jeune âge, l’éducation des garçons et des filles soient moins différentes l’une de l’autre.

Seconde partie : « Les marieuses" :

Cette nouvelle illustre parfaitement, les propos tenus dans la conférence.

Une jeune nigériane est mariée à un cousin qui, lui a t-on dit, a une bonne situation : médecin aux USA. Elle aura deux semaines pour faire sa connaissance avant de s’envoler pour l’Amérique où sa situation n'aura rien d'idyllique. Radin, son mari la forcera à renier ses racines pour l’américaniser au maximum. Elle devra changer de nom, cuisiner made in USA, ne plus parler sa langue et devra attendre un hypothétique permit de travail afin de pouvoir débuter une activité professionnelle. Une histoire sur la solitude des immigrés, le mal du pays, les mariages sans amour... Une triste vérité pour beaucoup de jeunes Africaines.

Même si j’adhère aux idées exposées dans ce livre, j’ai trouvé qu’il y avait bien trop d’évidences maintes fois répétées. Mais qu’en est-il des solutions ? L’éducation des jeunes suffirait-elle à supplanter le poids des traditions ? Car, il ne s’agit pas que des hommes, les femmes participent également au problème en répétant les mêmes erreurs. Elles forcent leurs filles, leurs nièces, leurs cousines à se marier et n’hésitent pas à servir d’entremetteuses.

Comme dans d’autres pays, les femmes elles-mêmes prennent part aux atrocités commises contre elles et il serait bon aussi de faire passer le message aux générations d’hommes ou de femmes qui après avoir suivi les dictats en vigueur, les reproduisent sur leurs descendants.

J’ai beaucoup aimé la nouvelle « Les marieuses » mais le récit sur le féminisme, même s’il est doté de quelques belles phrases, m’a laissé sur ma faim.

"Nous sommes tous des féministes" de Chimamanda Ngozi Adichie

Paru aux éditions Folio, le 26 février 2015

ISBN-13: 978-2070464586

96 pages

2.00€

Nous sommes tous des féministes de Chimamanda Ngozi Adichie

Chimamanda Ngozi Adichie est originaire d'Abba, dans l'État d'Anambra, mais a grandi dans la ville universitaire de Nsukka, où elle a fait sa scolarité. À l’âge de 19 ans, elle quitte le Nigeria pour les États-Unis.

Après avoir étudié à la Drexel University de Philadelphie en Pennsylvanie, Chimamanda Ngozi Adichie opte pour l’Eastern Connecticut State University afin de vivre plus près de sa sœur, qui exerçait la médecine à Coventry (actuellement à Mansfield, CT). Elle poursuit là ses études en communication et en sciences politiques. Elle obtient un M.A. (maîtrise ès arts) d’Études africaines à l’université Yale en 2008. La même année, elle intervient comme "écrivain visiteur" à l’Université wesleyenne (Wesleyan University) de Middletown dans le Connecticut où elle participe à la collection Wesleyan's Distinguished Writers Series.

Ses nouvelles ont été publiées dans de nombreuses revues littéraires, notamment dans Granta.

Son premier roman, "L'hibiscus pourpre", a été sélectionné pour l'Orange Prize et pour le Booker Prize. "L'autre moitié" du soleil a reçu l'Orange Prize.

Elle publie "Americanah", en 2014, le parcours d'une jeune Nigériane partie étudier aux États-Unis, et qui sera confrontée au racisme et à la discrimination.

Chimamanda Ngozi Adichie vit au Nigeria.

D'après un journaliste, (il fallait) éviter à tout prix de me présenter de la sorte (comme féministe) car les féministes sont malheureuses, faute de trouver un mari.
Cela m'a incitée à me présenter comme une Féministe Heureuse.
Puis une universitaire nigériane m'a expliqué que le féminisme ne faisait pas partie de notre culture, que le féminisme n'était pas africain, et que c'était sous l'influence des livres occidentaux que je me présentais comme féministe.
(...) puisque le féminisme n'était pas africain, j'ai décidé de me présenter comme une Féministe Africaine Heureuse.
C'est alors qu'un de mes proches amis m'a fait remarquer que me présenter comme féministe était synonyme de haine des hommes. J'ai donc décidé d'être désormais une Féministe Africaine Heureuse qui ne déteste pas les hommes, qui aime mettre du brillant à lèvres et des talons hauts pour son plaisir, non pour séduire les hommes.

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