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Publié par Velidhu

Le diable au corps de Raymond Radiguet

Ses deux mains s'accrochaient à mon cou ; elles ne se seraient pas accrochées plus furieusement dans un naufrage. Et je ne comprenais pas si elle voulait que je la sauve, ou bien que je me noie avec elle.

Écrit par un jeune auteur de 20 ans, ce classique de la littérature relate l’histoire d’un couple adultère profitant de la guerre pour vivre une passion amoureuse. Il n’en faut pas plus pour que « Le diable au corps » provoque un scandale en 1921.

François a 15 ans lorsqu’il rencontre Marthe 18 ans. D’abord platonique, leur relation se muera en une liaison amoureuse et charnelle. À l’époque, nombreux sont les amants qui laissent libre cours à leurs désirs quand les maris bafoués sont au front. Ici, François bien que trop jeune pour combattre, se croit suffisamment adulte pour entretenir une relation avec une jeune mariée.

La jalousie maladive de François et la manipulation dont il fait usage font que Marthe obéit corps et âme à son jeune amant. Les ragots ont beau fuser, le couple ne se cache pas. D’ailleurs, leurs familles respectives voient clair dans leur jeu sans pour autant essayer de mettre un terme à cette idylle.

François, plutôt lâche, sait qu’un jour leur liaison prendra fin, mais il ne veut pas être l’instigateur d’une telle décision, il rêvasse espérant que la mort les sépare ou que Jacques, le mari trompé, les surprennent entrainant ainsi la répudiation de son épouse.

La grossesse non désirée de Marthe compliquera encore la situation et c’est le dénouement tragique de cette histoire qui poussera François à avoir pour la première fois, une réaction d’adulte.

« Le diable au corps » m’a plus marqué cette fois-ci que quand je l’ai lu pour la première fois à l’âge de 15 ans. La psychologie des personnages est très détaillée, certainement parce que ce roman comporte une part d’autobiographie et j'ai mieux cerner la personnalité des principaux protagonistes.

Histoire d’amour qui n’a rien d’idyllique, la manipulation dont Marthe est l’objet rend cette histoire sombre et triste au point que lors de leurs premiers rendez-vous, le bonheur lui-même semblait être absent.

Un classique abordable qui faisait partie de mes cours de littérature, mais que j’ai été heureuse de relire étant adulte.

Vous venez de lire ma chronique telle que je l'ai rédigée avant la consultation de la fiche de lecture du site : Le petit Littéraire.fr . J'ai voulu comparer mon analyse de ce roman à la leur. Retrouvez mon article ici : Test Conso : La fiche de lecture Le Petit Littéraire.fr

Le diable au corps de Raymond Radiguet

Paru en 1977 aux éditions Le Livre de Poche

ISBN-13: 978-2253006695

185 pages

6.99€

Le diable au corps de Raymond Radiguet

L'auteur

Raymond Radiguet est un écrivain français. Elève médiocre au lycée Charlemagne, à Paris, le jeune Radiguet est un fervent lecteur des grands classiques français du XVIIème et du XVIIIème siècles. Il se passionne également pour des poètes plus récents tels que Paul Verlaine, Stéphane Mallarmé, Arthur Rimbaud ou le Comte de Lautréamont, qui auront une profonde influence sur sa jeune plume.

Dès l'âge de quinze ans, il décide de cesser ses études pour se consacrer entièrement au journalisme. Il fait rapidement la connaissance d'artistes d'avant-garde, parmi lesquels, Jean Cocteau. Après avoir entendu quelques créations du jeune poète, Cocteau le pousse à écrire. Dès lors, tous deux seront inséparables, et créent une revue quasi confidentielle à laquelle participeront entre autres Paul Morand et Tristan Tzara.

En 1921, il achève la rédaction du "Diable au Corps" (inspiré de sa liaison avec Alice; une jeune voisine dont le mari est parti au front), qui fera scandale lors de sa publication deux ans plus tard, et lui vaudra par la même occasion un franc succès.

Il s’attelle aussitôt à l'écriture de son second roman, "Le bal du Comte d'Orgel", qui ne sera édité qu'à titre posthume, en 1924. La fièvre typhoïde le fauche en effet au tout début de sa carrière, alors qu'il n'a que vingt ans, et fait de lui une icône de la littérature française du début du XXème siècle. L'adaptation cinématographique de son roman "Le Diable Au Corps" avec Gérard Philipe dans le rôle titre contribuera à populariser son œuvre.

Il faut pourtant, me disais-je, que l'amour offre de grands avantages puisque tous les hommes remettent leur liberté entre ses mains. Je souhaitais d'être vite assez fort pour me passer d'amour et, ainsi, n'avoir à sacrifier aucun de mes désirs. J'ignorais que servitude pour servitude, il vaut encore mieux être asservi par son cœur que l'esclave de ses sens.

Commenter cet article

Dona Swann 26/05/2016 08:59

Je crois que c'est dans le film qu'il s'appelle François ! (quel film !)
Je crois que vous avez raison de dire qu'il y a un tournant sensible à partir de la grossesse de Marthe... jusque-là, le Narrateur tournait et virait dans ses contradictions... à partir de là, son immaturité, ses insuffisances éclatent à ses propres yeux.

Velidhu 26/05/2016 09:12

Bonjour Dona. Je n'ai jamais vu le film. Mais en le lisant pour la seconde fois à presque 40 ans, j'ai mieux analysé les sentiments. Ce qui me semblait être une incroyable histoire d'amour à 15 ans, devient une bien triste histoire de possession et de jalousie d'un gamin qui manque de maturité. Mais il s'appelle François aussi dans le livre (je viens d'aller vérifier ;) )

Rebecca G. 06/08/2015 18:33

Idem pour moi. Je l'ai aussi étudié à l'école, mais je suis sûre que si je le relisais maintenant, je le comprendrais autrement... Merci à toi pour ce bel article.

Velidhu 06/08/2015 20:49

Merci Rebecca ! C'est gentil.

Mimi 04/08/2015 20:05

Je devrais peut-être le relire aussi. Je ne me souvenais plus de la lecture, seulement du ressenti...

Velidhu 06/08/2015 20:49

Pareil que toi. Mais il me semble l'avoir moins apprécié mais mieux compris lors de cette seconde lecture.