Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Suivez-moi sur Hellocoton

Retrouvez Que Lire sur Hellocoton

Badge Lecteur professionnel

 

Publié par Velidhu

Les Clameurs de la Ronde d'Arthur Yasmine

Tu ne m'as pas attendu pour faire ce que tu voulais. Ne me trompe pas trop quand même. - Ou non. Cache-moi tout. Fais ce que tu veux. Mais simplement mens-moi bien - Si je découvrais que tu me trompe mal, je serais impardonnable. Rien n'est plus vrai qu'un mensonge. Je vis dans un mensonge si parfait, qu'il est plus vrai que le réel.

Arthur Yasmine, un poète qui fait fi des usages coutumiers en matière d’écriture poétique

Arthur Yasmine, né au début des années 90 est un ovni dans le monde de la poésie. Discret, même s’il en dit suffisamment pour attiser la curiosité, il n’en est pas moins sincère. Ses propos à l’encontre des éditeurs et poètes actuels sont percutants, ses avis tranchés et ses idées probablement perçues comme dérangeantes par les professionnels du milieu. Cependant, j’ai trouvé son coup de gueule à l’égard de la poésie actuelle des plus justifié. Je rejoins son avis quand il dit que la poésie serait plus appréciée si elle était dépoussiérée. D’après le jeune poète, la mode n’étant plus aux nullités révolutionnaires et masturbation mentale des générations soixante-huitarde, les maisons d’éditions publient une poésie de niaiseries réflectives et de bafouillis mélancoliques. Dès lors, l’homme s’en détourne.

Et si l’honnêteté des sentiments, la puissance des cris, la sueur émanant des ébats amoureux, la haine nourrie par la jalousie, la satisfaction d’un bonheur construit sur le mensonge rendait à la poésie l’élan qu’elle a perdu ? Si la vérité sans fard, mais énnoncée avec soin et parée des plus beaux mots était l’essence qu’il manque à la poésie actuelle ?

Dans « Les Clameurs de la Ronde », Arthur Yasmine propose des poèmes, mais aussi des correspondances et des morceaux de textes rédigés durant ses années adolescentes. 7 ans d’écrits sombres, insolents, amoureux, malheureux, mais tous d’une qualité littéraire des plus appréciables.

Mon avis :

Arthur Yasmine a réussi là où tous ont échoué. J’ai enfin terminé un livre entièrement consacré à la poésie, genre qui jusqu’ici me laissait de marbre. Si la magie des poèmes écrits en vers n’a pas toujours fonctionné — je dois être vraiment hermétique à ce genre —, l’élégance des phrases, la force des sentiments et la sincérité qui ressortent des correspondances m’ont profondément touchée.

D’un point de vue « artistique », l’écriture d’Arthur Yasmine est un vrai délice. Les mots parfaitement choisis donnent au texte une force peu commune.

J’ai apprécié cette mixité du vocabulaire où « aphorisme désarticulé » côtoie le mot « connerie ». Et quand, 20 pages de correspondance sont résumées par ces deux mots:

je t’espère

Je me dis que je n’avais rien entendu d’aussi beau et profond pour résumer le vide que peut laisser une personne aimée.

Merci à Arthur Yasmine et aux éditions Carnet d’Art pour cette découverte. Je suis désormais réconciliée avec la poésie.

Les Clameurs de la Ronde d'Arthur Yasmine a remporté le Prix Spécial Amélie Murat 2016.

Les Clameurs de la Ronde d'Arthur Yasmine

Paru en mai 2015 aux éditions Carnet d'art

ISBN 979-10-93001-02-9

88 pages

9.00€

Commenter cet article

Rebecca G. 31/05/2016 19:51

Je suis un peu comme toi... OU plutôt, j'aime la poésie, mais une par une. Quelques vers lus lentement, dégustés, appréciés. Mais tout un recueil??!!!!! Je ne peux pas... Alors tu m'intrigues, forcément. Et si tu me parles de correspondances, là, je dis oui.... Parce que les lettres enflammées, écorchées, déchirées, passionnées, surtout d'adolescents... disons que ça me parle... ;) Je note donc, cette trouvaille. Bisous.

Mimi 31/05/2016 18:22

J'aime beaucoup la poésie, sous toutes ses formes, mais pas tous les poètes ! C'est vrai que parfois l'écriture de certains est plutôt hermétique. Mais quelquefois, il faut relire pour se laisser happer par les mots qui tout à coup prennent sens...

Bernieshoot 31/05/2016 16:32

je suis aussi à priori hermétique à ce style, mais là visiblement l'auteur réussi à pousser le lecteur à s'ouvrir