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Publié par Velidhu

Mal vu de Faouzi Tarkhani

J'avais été un athée convaincu. Un antireligieux qui avait cassé du curé et du rabbin pour faire de l'esprit, et qui longtemps avait doucement ri des musulmans avec un dédain d'aristocrate pour la populace. Je savais donc que ma pratique d'un islam authentique plairait au Dieu unique, mais qu'elle déplairait aux hommes, à cette France fille de l'église, mais surtout mère de l'athéisme.

Un témoignage dans lequel Faouzi Tarkhani nous raconte comment d’athée, il en est arrivé à devenir croyant et surtout pratiquant. Une pratique franche et profonde de la religion islamique qui le mène à choisir l’une des branches les plus dures, le salafisme. Pourtant, dans Mal vu, l’homme condamne le terrorisme et dénonce les agissements de ceux qui donnent une mauvaise image de sa religion.

Mal vu, le passage d’athée à croyant

Faouzi Tarkhani est un enfant élevé loin des mosquées ou des églises. Élevé à Sarcelles, la religion ne l’intéresse pas. Un jour, un accident domestique provoqué par un autre enfant le défigure. Faouzi vient d’être touché par balle, il y perdra la vue. Aveugle, il intègre un centre de rééducation loin de Sarcelle. Ce drame, c’est aussi sa chance, celle d’avoir accès à une éducation à laquelle il n’aurait jamais pu accéder sans ce handicap. Le jeune homme intègre la Sorbonne, se fait des amis, mais sa soif de connaissances le pousse à faire des recherches qui le mèneront à se questionner sur son rapport à la religion. Après s’être senti proche du Christianisme, c’est vers l’Islam qu'il se tourne.

Faouzi est également musicien. Il compose des chansons et connaît un certain succès dans l’univers du rap. Un séjour à New York lui ouvre les yeux sur la façon dont il souhaiterait vivre sa foi : intensément. Fini l’univers artificiel du show-business, Faouzi étudie et se dédie entièrement à la religion islamique. Stage en Égypte, port de la barbe, de la djellaba, l’ancien athée revendique son droit à la différence. Le 11 septembre 2001, les tours jumelles s’effondrent, le monde entier a les yeux tournés vers les terroristes, des islamistes radicalisés.

Désormais, Faouzi Tarkhani représente la peur, dans Mal vu, témoignage d’un Salafiste qui condamne le terrorisme, paru aux éditions Don Quichotte, il explique sa démarche.

Mal vu de Faouzi Tarkhani

Mon nouvel engagement religieux ne se manifesterait pas que dans mon cœur, mais aussi à travers mes paroles, mes actes, ma manière de m'habiller et de me comporter en société.

Je ne sais pas quoi penser de ce témoignage, aussi, je ne donnerais pas mon avis sur le fond, juste mon ressenti personnel. Quelque chose me dit que l’extrême est néfaste, pourtant Faouzi Tarkhani, dans son récit se veut rassembleur. En vidéo, je ressens une gêne, une méfiance et moi qui pourtant prône la liberté de culte pour tous, me sens mal à l’aise face à cet homme. Le monde aurait-il réussi à me transmettre ses peurs ? Je n’en sais trop rien.

Toujours est-il que ce livre a une grande qualité, celle d’être incroyablement bien écrit. Je crois même que c’est l’un des textes les mieux écrits qu’il m’ait été donné de lire cette année. Il y a de la conviction, de la passion et surtout des phrases d’une grande beauté.

Faouzi Tarkhani dénonce l’attitude des jeunes de banlieue qui sèment la zizanie dans les rues, il condamne aussi la poignée d’hommes qui tuent au nom de la religion. Ceux-là n’ont rien compris à l’Islam, dit-il. Il se moque aussi des chrétiens pratiquants, plus précisément ceux qui reprochent à l’islam d’obliger les femmes à se voiler. C’est avec une argumentation très détaillée et de textes issus de la bible, qu’il prouve que le christianisme prône aussi pour le port d’une tenue pudique des femmes tout comme celle de Marie, elle-même voilée.

C’est cette partie qui me fait un peu peur dans ce récit. Cette partie dans laquelle encore une fois, nous femmes sommes, je cite : « La gloire des hommes ». Ces quelques mots, issus d’une citation de presque une page, ne sont pas issus du Coran, mais bel et bien de la première épître aux Corinthiens de la bible. Faouzi Tarkhani, tend à démontrer que Christianisme et Islam sont fondés sur une base commune dont la pudeur fait partie. Mais malheureusement, la femme y est aussi représentée comme inférieure à l’homme auquel elle doit « porter sur sa tête la marque de sa dépendance ».

Comme je l’ai dit plus haut, j’ai beaucoup de mal à me forger un avis sur ce témoignage, à voir si l’homme cherche simplement à vivre sa foi ou s’il la juge comme étant « La foi ». Qu’il revendique son droit à la différence me semble honorable et normal. Mais à un moment donné ce récit prend un tournant à tendance militante qui a sonné en moi comme une alerte.

Si comme moi, vous êtes intéressé par ce qui touche de près ou de loin les religions, je pense qu’il faut lire « Mal vu ». L’évolution de Faouzi Tarkhani que ce soit personnellement ou dans sa quête de spiritualité est extrêmement intéressante. Ses propos sont cohérents, ses phrases sublimes. Reste une ombre qui me gêne et que je ne peux identifier. Je vous laisse le loisir de me faire part de votre ressenti, car à l’heure où j’écris cette chronique, bien que cela fasse 3 semaines que j’ai terminé ma lecture et que je me demande comment en parler, je ne sais toujours pas ce que je ressens vraiment.

Pourquoi cette lecture ?

Il s'agit d'une lecture en partenariat avec les éditions Don Quichotte via l'agence de communication L&P Conseils. J'ai demandé à lire et chroniquer "Mal vu", car le rapport à la religion, mais surtout les questions de tolérance autour d'elle m'intéressent. Je ne connaissais pas Faouzi Tarkhani en tant que chanteur, son ancienne carrière n'a donc pas eu d'influence sur ce choix de lecture.

Mal vu de Faouzi Tarkhani

Paru le 3 novembre 2016 aux éditions Don Quichotte

ISBN : 978-2-35949-555-3

208 pages

16.90€

 

Commenter cet article

le livre-vie 30/12/2016 21:09

Un livre qui dérange donc. J'ai beaucoup apprécié ta chronique, très nuancée. Le regard portée sur les femmes est souvent quelque chose qui me dérange, sans être une féministe engagée, j'ai beaucoup de mal avec certains "prétextes" pour assujettir la femme. Mais je suis curieuse, si je peux le lire, je le ferai.

Velidhu 30/12/2016 22:11

Merci. Ca n'a pas été une chronique facile à écrire.

Mimi 18/12/2016 22:33

Ne serait-ce pas une forme de proselytisme ? Je n'aime pas le regard porté sur les femmes...

Velidhu 18/12/2016 22:39

C'est un peu l'effet que ça me fait aussi.