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Publié par Velidhu

No Home de Yaa Gyasi

Elle avait entendu les anglais les appeler "filles", pas épouses. "Épouse" était un mot réservé aux femmes blanches de l'autre côté de l'Atlantique. "Fille" était quelque chose de totalement différent, un mot que les soldats utilisaient pour garder les mains propres et ne pas avoir d'ennuis avec leur dieu, un être qui lui-même était composé de trois parties mais n'autorisait les hommes à n'épouser qu'une seule femme.

No Home, le premier de Yaa Gyasi retrace l’histoire de deux demi-sœurs, confrontées chacune à leur manière à la traite des esclaves.

No home, une saga familiale et historique passionnante

Côte de l’Or (ancien nom du Ghana) XVIIIe siècle, les colons britanniques capturent des êtres humains et les envoient par milliers en bateau aux USA. Deux ethnies s’affrontent pour s’attirer les bonnes grâces des colonisateurs, les Ashantis et les Fantis. Pillages, combats et rafles sont organisés afin d’apporter aux colons son lot d’esclaves.

Esi et Effia sont sœurs, mais ne se connaissent pas. L’une sera vendue comme esclave, l’autre épousera un colon britannique dont elle aura des enfants. No Home de Yaa Gyasi, retrace la vie de ses deux femmes et de leur descendance. Une vie d’esclave aux USA et une vie de seconde épouse, mais surtout de mère d’enfant métisse dans un pays qui n’aime pas la demi-mesure lorsqu’il s’agit de couleur de peau.

No Home de Yaa Gyasi

Yaa Gyasi nous bluffe par la maîtrise de son sujet

Ce n’est pas une simple histoire que nous raconte Yaa Gyasi dans son premier roman paru aux éditions Calmann-Levy. C’est une analyse approfondie de l’histoire de la Côte d’Or, actuellement le Ghana, doublée d’une profonde réflexion sur l’esclavage et triplée d’une saga passionnante.

No Home est un excellent premier roman même si parfois, on peut se perdre dans le cheminement des multiples personnages. Pour m’y retrouver, j’ai du à plusieurs reprises reprendre l’arbre généalogique qui figure au début du roman.

3 siècles de vie et d’histoires sont retracés dans ce récit qui m’en a appris beaucoup sur la condition des noirs dans le sud des USA ainsi que sur le Ghana. J’ai été choquée de voir qu’une partie du peuple ghanéen avait pour principale source de revenus la vente de leurs semblables.

On en apprend beaucoup aussi sur les conditions de vie dans les fermes de coton, sur les lois traitant des droits des personnes noires de peau aux USA.

J’ai apprécié la neutralité que montre l’auteur qui à aucun moment ne juge blancs ou noirs. Si on peut difficilement pardonner à ces noirs d’avoir vendu leurs frères, on ne peut pas s’empêcher de penser qu’elle aurait été la réaction des colons face à trop de résistance. Tandis qu’aux États-Unis, le bien n’est pas forcément noir et le mal n’est pas toujours immaculé.

J’ai vraiment apprécié cette lecture pour la richesse des informations collectées par l’auteur, mais aussi pour le style vraiment agréable. No Home est un roman passionnant qui demande tout de même une certaine attention lors de la lecture au risque de perdre le fil de l’histoire des différents personnages.

Pourquoi cette lecture ?

J’avais été attirée par le quatrième de couverture de ce roman comme par sa couverture très lumineuse. L’histoire de l’esclavagisme est un sujet que j’avais déjà rencontré dans plusieurs romans et qui m’intéresse. Jamais je n’avais lu cette histoire vue sous cet angle. J’ai lu No Home de Yaa Gyasi suite à un partenariat avec les éditions Calmann-Levy et j’avoue que je suis satisfaite de cette découverte.

No home de Yaa Gyasi

Paru le 4 janvier 2017 aux éditions Calmann-Lévy

450 pages

ISBN-13: 978-2702159637

21.90€

 

 

Commenter cet article

Casscrouton 01/04/2017 11:10

J'ai très très très envie de lire ce roman ! Merci pour ton avis, qui me conforte dans l'idée de me lancer dans cette lecture. :)

Velidhu 02/04/2017 19:59

Il est superbe, tu devrais aimer.