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Publié par Velidhu

Vivre de sa plume, rêve ou cauchemar ?

Vivre de sa plume, rêve ou cauchemar ?

Ça gronde du côté des auteurs qui ont de plus en plus de difficultés à vivre de leur plume. D’un côté, ces écrivains non commerciaux, presque anonymes sont confrontés à une concurrence rude venant des écrivains stars, ceux qui vendent leurs romans grâce à la simple parution de leur nom sur une couverture de roman, n’ayant pas à en faire la moindre publicité. D’autre part, d’autres célébrités, mais non écrivains ceux-là, leur volent des parts de marché. Il s’agit bien sûr de ces personnalités ayant pour avantage d’être connues grâce aux télé-réalités et autres émissions télévisées.

Publication de masse et visibilité

Avec plus de 70 000 nouveaux titres qui paraissent par an et ce chiffre ne tient pas en compte les éditions à compte d’auteurs et les auto-éditions, difficile de se rendre visible pour le jeune écrivain. Difficile aussi à une œuvre d’un auteur peu commercial de rester plus de quelques semaines en rayon (si elle a la chance d’avoir été en rayon) vu le nombre important de nouveautés qui paraissent chaque semaine. Ce turn-over élevé de nouvelles œuvres nous amène à ingurgiter une fast-littérature. Au menu, des livres qui seront aussi vite oubliés qu’ils auront été publiés. Heureusement, le nombre de ventes augmente de 1 à 2 % chaque année, mais malheureusement le nombre de titres publiés est également en constante progression. Aucun impact donc sur les ventes de romans d’auteur peu connus, car si d’un côté les auteurs stars vendent toujours plus (Les Levy, Chatam, Pancol et autres auteurs prolifiques), de l’autre, les lecteurs, fidèles à leurs goûts et à leurs habitudes achètent plus certes, mais diversifient peu leurs lectures.

Vivre de sa plume, rêve ou cauchemar ?

Écrivain, un statut précaire

Pour avoir une petite estimation de ce que touche un auteur, il faut tout d’abord connaître le nombre d’exemplaires qu’il a vendu de son œuvre. Admettons qu’un jeune auteur touche 10 % (utopique je tiens à le dire) des ventes de son bouquin et qu’il ait la chance de connaître un petit succès avec ce roman. Il vend, disons 2000 exemplaires à 20 € TTC. Soit 40 000 € de recettes pour un an de travail. Mais l’écrivain ne perçoit pas l’entièreté de la somme puisqu’il doit faire vivre son éditeur, son imprimeur, les libraires,.... Eh oui, comme dans la plupart des métiers de production, le producteur n’est pas celui qui perçoit la majorité du fruit de son labeur. Bref, avec ses 10 %, ce qui est je le rappelle grassement payé, le droit d’auteur pouvant descendre non loin des 6 %, et un auteur sur cinq toucherait moins de 5 %, notre jeune auteur chanceux aux 2 000 exemplaires vendus se verra allouer un salaire de 4 000 € pour approximativement un an de travail. Hélas, pour lui le rêve se transforme en cauchemar vu qu’il devra subvenir à ses besoins en pratiquant parallèlement à l’écriture une activité professionnelle plus rémunératrice. Certains auteurs chanceux, ceux-là mêmes qui ont acquis une petite notoriété se voient attribuer le statut de salarié auprès de leur maison d’édition et perçoivent donc mensuellement un salaire fixe, négocié bien évidemment en fonction des ventes des précédents ouvrages.

Concrètement, quel avenir pour un jeune auteur ?

Pour ne pas briser le rêve, certaines solutions existent pour vivre de son art à commencer par écrire beaucoup. Publier trois livres par an par exemple pour multiplier les ventes et donc les droits d’auteurs. Possible, si on ne vise pas un prix littéraire, mais tout de même difficile vu le phénomène de dilution des ventes. Eh oui, trop de publications nuisent gravement aux ventes. Les lecteurs augmentent certes, mais pas dans la même proportion que les nouvelles parutions. L’écrivain en attente du succès peut toujours vendre des articles, travailler comme pigiste, organiser de petites conférences sur des thèmes tels que "Comment devenir écrivain ?" ou “Comment écrire son premier roman ?”, donner des séances de coaching à des apprentis auteurs, se faire un nom sur les réseaux sociaux et vendre ses conseils... tant de solutions qui empièteront certes, sur son temps d’écriture, mais qui lui permettront de faire bouillir la marmite en attendant le jour où seuls ses romans lui assureront un revenu décent.

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